Texts / Publications
Textes critiques
Saisir l'imperceptible, texte de Daniel Leizorovici, galeriste et éditeur d'art, août 2023.
C'est sur des feuilles de mûrier de 12 gr (papier Bib Tengujô) que s'exerce l'impressionnante force de la presse taille-douce lorsque Yolande Guérout imprime ses gravures. Une immense puissance appliquée sur une surface d'une légèreté extrême. Ne s'agit-il pas là d'une complémentarité des contraires chère aux principes du Yin et du Yang ?
Tenez la gravure en mains. Irrésistiblement, l'envie de la voir flotter, de jouer avec l'air naît. Encore une fois, se questionner, pour savoir comment une chose aussi vaporeuse se comporte. En faire un tapis volant.
Regardez la.. L'air et l'eau frôlant le support intègrent la composition. L'artiste révèle leur présence avec une grâce infinie. Les friselis les plus délicats et les nuances les plus subtiles sourdent. Ne nomme-t-elle pas ses dessins l'air de rien, paysage de traces, à peine sentir ?
Il y a un parfum d'Orient dans les créations de Yolande Guérout. Il imprègne l'air alentour. Inspirons profondément !
Au moins, texte de Joël Hubaut, artiste multimédia, peintre performer, juin 2022.
L'essaim dans toute sa programmation. Wouah! Magnifique, tous ces pétales en extension! Yolande Guérout pratique un effeuillage de flagelles séquencés qu'on imagine en flipbook convulsif dans des grésillements spatio-temporels pour l'éblouissement subliminal du quotidien...illumination banalytique quasi automatisée en palpitation hyper sensible par bâtonnets et filaments...C'est démembré. Chaque détail irise son dépouillement capté. Une languette érectile fait charnière en scandant l'excitation des plaquettes. Tout s'engendre par transplants agités tel un diagramme d'infinitude fractalisé dans l'épandage-télex d'une monotypie étalonnée à la roulette, ritualisant ainsi le dupli du pli déployé en pulsation variable. c'est frémissant. L'instagramme inexorable des giclures du temps moléculaire est estampé. Ca s'écoule géométriquement mais y'a plus de matrice, le process maculant s'est auto-embobiné pour se re-générer. Chaque plan gougé se génétise dans, sa radiation scotopique. c'est comme le schéma-genèse d'une animation reproductrice bavant un inventaire sismographique par écoulement. Le motile vibratile se démultiplie en micro-anthropométries ultimes pour former le souffle de la trace de l'empreinte du tamponnage fantomatique des esprits gravés. Somptueuse immortalité du dérisoire du paradoxe de la permanence mutante instable. Les ricochets se propagent en indicible torsions de dessins d'hypnose. Le picto-maillage est minimal. Il grave la vie par vibrations pulsées comme des morsures jouissives pour un scénario existentiel visionnaire. La gravure du shuintage magique converge en tubules vers l'irrémédiable échelonnage des particules. Les coupons gaufrés décuplent une survivance gestuelle potentiellement irréversible. Energie dense de réduction maximale. L'assemblage neuro-cartographique devient stock-mémoire. Larsen visuel en ligature-souche par stimuli. Décharge d'échantillon. Animalité graphique. c'est sublime. Au moins ! Joël Hubaut
Présentation de l'œuvre collaborative à vau-l’eau, œuvre musico plastique avec le compositeur Jean-Christophe Ploquin
Boucle musicale acousmatique (8’48) à partir des œuvres à vau-l'eau de Yolande Guérout (à écouter et voir)
YG : j'ai fait appel au compositeur Jean-Christophe pour accéder à la dimension sonore du processus créatif et nous permettre de vivre des expériences phénoménologiques et sensibles.
L'œuvre donne à voir mais aussi à écouter. Dessiner, graver, mouiller le papier avec l'eau et l'encre, caresser la surface pour répartir la poussière de fusain : c'est produire des sons. Le processus de travail peut raconter l'œuvre de manière sonore. On peut restituer les différentes étapes de la création de manière sonore. Être sensible aux sons que l'outil exerce sur le support, écouter le long cheminement de l'eau que le papier absorbe lentement jusqu'au cœur de la rame, son écoulement, son évaporation, ses différentes teintes, ses colorations seiches, sourdes ou qui résonnent.
La composition musicale de Jean Christophe Ploquin (8'48 en boucle) nous permet de révéler comment se fait l'œuvre. Toutes les nuances de ce parcours sont retranscrites dans la musique par la temporalité des objets sonores en lien avec l'eau, l'air et le feu : les processus d'écoulement et de séchage sont ainsi perceptibles auditivement alors qu'ils ne sont pas visibles. Comme les impressions successives contenues dans la rame de papier, la polyphonie musicale contient ses propres strates.
Jean-Christophe Ploquin vient sculpter ces sons qu'il a préalablement prélevés du processus plastique. En travaillant les sons que produisent les gestes sur le support, il crée un espace de perceptions haptiques et sensorielles. L'exploration sonore nous amène à vivre l'eau de manière très intime. Jean-Christophe Ploquin part de cette manière sonore afin de lui donner du relief et une intensité différente. Il travaille le son en lui appliquant des effets de filtrage, de vitesse, en jouant sur l'amplitude, la fréquence, les superpositions, les décalages pour nous livrer une composition musicale acousmatique donc inouïe au sens étymologique.
L'espace musical devient un espace psychique dans lequel s'exprime l'œuvre plastique. Il donne à apprécier l'empreinte sonore de la création dans l'infra-mince, une expérience de l'imperceptible. Il est conseiller de prêter l'oreille afin d'accéder à cette dimension.
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Articles de presse
2025 / “Elle grave le papier le plus fin du monde”, Paris Normandie article par Véronique Baud
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Publications
Septembre 2023, Nautil'Art, La Halle aux Toiles, Rouen.
Octobre 2020, édition partagée avec Daniel Leizorovici,
Galerie Leizorovici, 17 rue Labois-Rouillon, 75019 Paris