à peine, 2018-2020, série de gravures réalisées sur plaque de cuivre avec la technique de l'eau-forte. Tirage réalisé sur du papier Bib. Tengujo 12 gr.

Je choisis les supports les plus fins, des papiers Bib. Tengujo 12 gr, 9gr et 5gr afin de mettre en évidence, lors de l'impression, leur délicatesse, leur fragilité. J'utilise la technique de l'eau-forte afin d'obtenir une morsure profonde et précise du trait. Je privilégie un langage simple, dépouillé, rigoureux en répétant des traits sans épaisseur, sans recherche de tonalités. J'incise, j'inscris en poussant l'outil. Malgré sa rigidité, je le ressens comme le prolongement de ma main. La répétition du geste me permet

aussi d'endurer cette résistance du cuivre, sa permanence dans lequel j'inscris ma marque, mon empreinte dans une tension. Chaque en engendre un autre. 

Le corps éprouve physiquement chaque trace, rythmant le temps par des espacements. Je me laisse porter cet errance du trait où l'imprévu est la règle. Parfois je vais à rebours de ce mouvement en travaillant à un endroit différent de la plaque. Dans ce cas des mouvements contraires se rencontrent et forment une tension. Un espace dynamique se crée spontanément jusqu'à ce que toute la surface soit saturée pour découvrir à la fin un ensemble mouvant qui développe des flux, des chemins graphiques inattendus. Avec la saturation du trait, l'ensemble devient une texture "inframince" avec des variations graphiques vibrantes qui apparaissent. 

 

 

Lors de l'impression avec la pression très forte, une prise de contact a lieu entre la matrice et le support. L'adhérence entre le papier et la matrice me contraint à retirer le support très lentement comme une mue. Je découvre un papier imprimé qui n'a plus la même plasticité et qui a gagné en souplesse. Par le biais du foulage, le recto et le verso sont imprimés. ce qui est à l'endroit se retrouve à l'envers, il n'y a plus de côté. Un jeu de transparence révèle la finesse du papier, sa fragilité. Le papier est modelé en profondeur et sa nature se modifie. La gravure devient comme une fine membrane frémissante, plus sensible et vibratile. 

 

 

 La gravure agit comme une surface qui vibre à chaque déplacement d'air. Sensible comme capteur, cette membrane délicate met en évidence les pressions de l'air et enregistre ce qui échappe à notre toucher en accueillant le mouvement du monde.

à peine, 2018, installation sur cônes en céramique, feuilles de papier Mino Tengujo 9 gr.



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